Charles Allainmat : Vers une SuperInfraStructure Utile
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Un simulacre de jardin à la française dissimulant un parking
Une collection d'objets utilitaires
Un parking à la forme singulière dissimulé sous une place
Un belvédère sur la Loire
A l'intérieur du parking en infrastructure
Axonométrie de l'existant
Coupe de territoire - Un chapelet de place entre le château et la Loire
Analyse structurelle et photo du chantier
Historique
Principe structurel et stratégie de transformation
Figure territoriale
Figure programmatique et principe de distribution
Identification des ressources
Plan de masse
Plan de rez-de-chaussée
Plan du niveau-1
Plan du niveau-2
Plan du niveau-3
Vue vers la Loire
Vue d'une salle de cours
Vue de la bibliothèque
Vue depuis les cuisines pédagogiques
Vue depuis le patio
Coupe perspective longitudinale
Détail de façade et stratégie bioclimatique
Détail du potager pédagogique
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Vers une SuperInfraStructure Utile

L’espace souterrain : le trésor caché de nos villes

Parking, tunnels, anciens réseaux ferroviaires ou zones de stockages, égouts, carrières… des kilomètres de souterrains délaissés qui n’attendent qu’à sortir du noir. Dans le monde, de nombreux projets de réinvestissement d’espaces souterrains voient le jour : c’est le cas de Montréal (Canada) avec ses 30 kilomètres de galeries construites dans les années 60 ; ou encore de Séoul (Corée du Sud), où une université s’est développée sous le niveau du sol, sous l’impulsion de l’architecte Dominique Perrault.

Dans une ville toujours plus saturée et discontinue, le sous-sol s’offre en effet comme une réponse possible aux insolubles questions posées par la densité urbaine.

Aussi la ville de demain doit-elle « prendre de l’épaisseur » en favorisant le développement d’un « urbanisme souterrain » qui, repensé, pourrait contribuer à créer du lien social en proposant une certaine forme d’urbanité. Pour ce faire, le sous-sol ne doit plus être pensé comme un espace purement utilitaire, mais bien devenir le prolongement « naturel » de l’espace public, soumis à de réels critères d’usage et de confort humains. Dominique Perrault explique à ce sujet : « Il faut le dédramatiser, car on l’a dramatisé. Tout ce qu’on ne voulait pas voir, tout ce que l’on pensait qui était sale, qui créé du bruit ou des nuisances diverses et variées, on l’a enterré, on l’a évacué. En fait, ce sous-sol n’est que le prolongement du sol ».

Une promenade architecturale inversée au service d’une « superinfrastructure utile »

C’est la ville de Blois qui est mise à l’honneur dans le cadre général de ce PFE 2020. Dans ce projet particulier, il s’agit de réinvestir un parking situé près des berges de la Loire, entre la place Louis XII et la départementale qui longe les quais.

Deux grandes questions sont apparues essentielles : comment faire de ce parking, espace « hostile » et purement fonctionnel dont le sol est en pente, un lieu accueillant et utile ? Et surtout, comment relier cet espace souterrain avec la place qui le surplombe, elle-même dénuée aujourd’hui de toute fonction et de tout usage ? Mon parti pris est de mettre en œuvre une « promenade architecturale inversée » permettant de relier par une rampe (la rampe originelle du parking) les éléments situés respectivement au-dessus et au-dessous de la ligne de sol. Il y a, sous-jacent à cette idée de promenade, le principe d’une continuité des pas qui permet de passer sans heurt de l’entrée du bâtiment jusqu’au sol du patio central, cœur névralgique du projet et équivalent inversé du « toit-terrasse » cher à Le Corbusier, selon qui « Un escalier sépare un étage d’un autre : une rampe relie ». Le maintien de cette structure hélicoïdale permet d’assurer le passage fluide et naturel du « sur-sol » (la place) au « sous-sol » (le parking), et ainsi de réunir l’une et l’autre en une même unité architecturale.

Mon ambition est triple : transformer la surface disponible actuelle pour créer une entrée capable de susciter la curiosité des passants ; ménager des points de vue variés (depuis la place, depuis le sous-sol et vers les berges) ; enfin, faire de cet espace utilitaire fragmenté un ensemble architectural unifié qui soit à la fois cohérent dans sa forme et utile dans sa fonction.

La démarche pourrait être résumée par la question suivante : Comment passer d’une place délaissée dissimulant une infrastructure utilitaire à une « superinfrastructure » utile ?

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PROBLEMATIQUE DE LA FILIERE DE MASTER « TRANSFORMATION

La filière de master « Transformation » repose sur trois postulats.

Le premier est que la discipline architecturale – aussi bien que le métier d’architecte – ne seront plus guidés, dans les années à venir, par l’élaboration d’un monde neuf. Non parce que les enjeux du monde actuel sont stables. Nous savons que c’est tout le contraire : l’impératif environnemental invalide un grand nombre des situations construites dont nous héritons et la probable crise climatique qui s’annonce ne fera qu’augmenter l’étendue de cette obsolescence. C’est là le paradoxe inédit dans lequel nous sommes désormais plongés : il faudrait construire un monde plus durable, moins obsolescent, mais nous devons, en même temps réduire drastiquement la consommation des sols et des ressources pour faire face au défi écologique. C’est donc avec et non sur les ruines de la modernité industrielle qu’il nous faut apprendre à construire.

Le second postulat est la remise en jeu d’une notion architecturale historique : l’inscription dans un temps long qui ne limite pas celui de l’œuvre. Ce postulat nous amène à envisager l’architecture comme la mise en forme d’une mutation et non comme la seule projection circonstanciée d’une idée ou d’un programme. Il s’agit de s’émanciper de la priorité donnée à l’objet architectural – et à ses innovations – au profit d’une approche qui prend en compte les processus temporels et les états successifs de chacune des situations.

Le troisième postulat est que la préparation d’un site destiné à accueillir une construction ou un aménagement fait partie intégrante du projet architectural : elle en constitue le premier acte. Une des questions les plus négligées depuis un siècle et demi nous semble être celle du sol. La nécessité dans laquelle nous sommes plongés d’envisager le monde « dans ses murs » constitue ainsi une formidable occasion de réinvestir cette question séculaire. 

ATTENDUS

L’objectif de cet exercice conclusif de la filière est d’élaborer un projet personnel de transformation d’une situation construite abandonnée ou obsolète. Chaque situation a été identifiée au terme d’une exploration par groupes de la communauté d’agglomération de Blois, selon cinq thèmes distincts : paysage, forme urbaine, alternative, économie et gouvernance. Cette exploration s’est déroulée durant le S9. Les étudiant.e.s sont amenés à développer individuellement leur projet en rapport avec l’existant et à élaborer une architecture qui tout à la fois révèle et ressuscite celui-ci.

 FONDEMENTS 

L’atelier repose sur cinq fondements principaux :

  1. La mise en distance de la notion de patrimoine 

Le projet s’appuie sur une manière attentive d’observer le déjà-là, d’en révéler ses qualités propres, sans se préoccuper des valeurs courantes du patrimoine. L’objectif de l’atelier n’est pas, en effet, de valoriser un héritage mais bien plutôt de sélectionner les éléments d’une situation construite à partir desquels il devient possible de faire projet.

  1. L’analyse à partir du projet

L’inspiration du projet ne provient pas tant d’une connaissance géographique, sociale ou économique du site et du programme que de l’exploration d’un thème architectural et de sa capacité à révéler les qualités et la substance du monde dans lequel les étudiant.e.s sont amenés à intervenir. L’inventaire et le relevé du déjà-là se doivent donc d’être d’emblée orientés.

  1. La transformation par analogie 

La méthode analogique constitue une alternative à celles de fusion ou de juxtaposition issues de deux siècles de « construction dans le construit ». Elle permet d’élargir la gamme des rapports possibles entre existant et projet, souvent réduite à une tension entre héritage et création. L’existant peut ainsi être tout à la fois considéré comme ruine, source d’inspiration, matériau ou ressource.

  1. Le privilège de la situation sur l’objet

Les projets de la transformation portent aussi bien sur les constructions que sur les sols. À ce titre, ils n’accordent pas davantage d’intérêt à la matérialité des bâtiments qu’à celle de leurs extérieurs.

  1. Le collage 

La technique du collage est privilégiée. Elle permet, dans la représentation des projets, l’association équivalente du neuf et de l’existant, sans que l’un ne s’efface au profit de l’autre. Le collage peut également contribuer à une économie de rendu, la description sélective de l’existant pouvant être incluse dans l’image du projet.

 

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Alternatives

Paysage

Gouverance

 

 

Economie