Fatiha Baguni : Centralité frontalière : un complexe agroalimentaire aux rives de Blois
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Les halles Phone Freight depuis la digue
Un territoire enclavé entre la Loire et son déversoir
Transformation du déversoir en terres cultivées
Axonométrie du contexte existant
Détail de la structure existante
Assemblage de l'existant et du projet
Axonométrie programmatique
Principe de distribution
Mise en scène de la structure existante
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Plan masse du projet
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Élévation transversale
Coupe transversale
L'espace polyvalent : configuration gymnase / marché
Plan d'étage: les pépinières
Élévation longitudinale
Coupe longitudinale
Coupe détail de la structure
Coupe perspective: stratégie bioclimatique
Vue depuis la digue
Vue depuis le parvis
L'espace polyvalent: configuration gymnase
L'espace polyvalent: configuration marché
Vue depuis la pépinière
Immersion dans le projet
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La transformation des halles Phone Freight, qui se situent aux abords du déversoir naturel de la Bouillie, offre l’opportunité d’une reconversion à l’échelle architecturale, mais dont les répercussions peuvent concerner l’échelle du territoire Blésois tout entier. C’est aussi l’opportunité d’une prise en compte d’enjeux sociaux et économiques et écologique essentiels.

Comment la pluralité programmatique liée à l’activité agroalimentaire peut-elle revitaliser économiquement le déversoir de la Bouillie, et contribuer à désenclaver le tissu pavillonnaire situé aux abords de celui-ci ?

L’idée de créer un complexe agroalimentaire fait suite à la reconversion du déversoir en terrains cultivables, effectuée par les futurs diplômés de l’école horticole de Blois – leur première expérience professionnelle. En accueillant cette activité maraîchère, cette vaste ceinture en friche – qui permet actuellement l’écoulement naturel de la Loire en cas de crue – ouvre la possibilité d’une production locale qui pourra être vendu dans la ville. Le projet propose de prolonger cette initiative en réinvestissant les halles, dont il s’agit de conserver les structures existantes tout en les ouvrant sur le quartier pavillonnaire par le biais de différentes connexions, et par l’adoption d’une volumétrie plus proche l’échelle domestique.

Le programme principal du projet est l’atelier de transformation alimentaire, en lien direct avec la future exploitation des terres maraîchère du déversoir. Celui-ci inclut une légumerie, des pépinières et des bureaux de formation pour les jeunes agriculteurs diplômés du lycée horticole de Blois. Par ailleurs d’autres programmes secondaires viennent enrichir le projet : un espace pédagogique et un espace polyvalent pouvant se transformer en gymnase ouverts aux élèves des écoles alentour – mais aussi en marché une fois par semaine (le seul de la rive gauche blésoise).

Ce complexe s’appuie sur les potentialités qu’offre la situation par son orientation et sa richesse. Comme programme public, il profite à la ville tout en permettant de désenclaver le bâtiment et le quartier. Il recrée une centralité en bordure de la ville, sur laquelle différentes activités se côtoient pour créer diverses temporalités. Le déversoir, quant à lui, accueille une activité agricole qui permet à la fois de générer de l’emploi et de faire renaître le maraîchage en milieu urbain grâce à la mise en location des terres, par la ville, aux jeunes agriculteurs.

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PROBLEMATIQUE DE LA FILIERE DE MASTER « TRANSFORMATION

La filière de master « Transformation » repose sur trois postulats.

Le premier est que la discipline architecturale – aussi bien que le métier d’architecte – ne seront plus guidés, dans les années à venir, par l’élaboration d’un monde neuf. Non parce que les enjeux du monde actuel sont stables. Nous savons que c’est tout le contraire : l’impératif environnemental invalide un grand nombre des situations construites dont nous héritons et la probable crise climatique qui s’annonce ne fera qu’augmenter l’étendue de cette obsolescence. C’est là le paradoxe inédit dans lequel nous sommes désormais plongés : il faudrait construire un monde plus durable, moins obsolescent, mais nous devons, en même temps réduire drastiquement la consommation des sols et des ressources pour faire face au défi écologique. C’est donc avec et non sur les ruines de la modernité industrielle qu’il nous faut apprendre à construire.

Le second postulat est la remise en jeu d’une notion architecturale historique : l’inscription dans un temps long qui ne limite pas celui de l’œuvre. Ce postulat nous amène à envisager l’architecture comme la mise en forme d’une mutation et non comme la seule projection circonstanciée d’une idée ou d’un programme. Il s’agit de s’émanciper de la priorité donnée à l’objet architectural – et à ses innovations – au profit d’une approche qui prend en compte les processus temporels et les états successifs de chacune des situations.

Le troisième postulat est que la préparation d’un site destiné à accueillir une construction ou un aménagement fait partie intégrante du projet architectural : elle en constitue le premier acte. Une des questions les plus négligées depuis un siècle et demi nous semble être celle du sol. La nécessité dans laquelle nous sommes plongés d’envisager le monde « dans ses murs » constitue ainsi une formidable occasion de réinvestir cette question séculaire. 

ATTENDUS

L’objectif de cet exercice conclusif de la filière est d’élaborer un projet personnel de transformation d’une situation construite abandonnée ou obsolète. Chaque situation a été identifiée au terme d’une exploration par groupes de la communauté d’agglomération de Blois, selon cinq thèmes distincts : paysage, forme urbaine, alternative, économie et gouvernance. Cette exploration s’est déroulée durant le S9. Les étudiant.e.s sont amenés à développer individuellement leur projet en rapport avec l’existant et à élaborer une architecture qui tout à la fois révèle et ressuscite celui-ci.

 FONDEMENTS 

L’atelier repose sur cinq fondements principaux :

  1. La mise en distance de la notion de patrimoine 

Le projet s’appuie sur une manière attentive d’observer le déjà-là, d’en révéler ses qualités propres, sans se préoccuper des valeurs courantes du patrimoine. L’objectif de l’atelier n’est pas, en effet, de valoriser un héritage mais bien plutôt de sélectionner les éléments d’une situation construite à partir desquels il devient possible de faire projet.

  1. L’analyse à partir du projet

L’inspiration du projet ne provient pas tant d’une connaissance géographique, sociale ou économique du site et du programme que de l’exploration d’un thème architectural et de sa capacité à révéler les qualités et la substance du monde dans lequel les étudiant.e.s sont amenés à intervenir. L’inventaire et le relevé du déjà-là se doivent donc d’être d’emblée orientés.

  1. La transformation par analogie 

La méthode analogique constitue une alternative à celles de fusion ou de juxtaposition issues de deux siècles de « construction dans le construit ». Elle permet d’élargir la gamme des rapports possibles entre existant et projet, souvent réduite à une tension entre héritage et création. L’existant peut ainsi être tout à la fois considéré comme ruine, source d’inspiration, matériau ou ressource.

  1. Le privilège de la situation sur l’objet

Les projets de la transformation portent aussi bien sur les constructions que sur les sols. À ce titre, ils n’accordent pas davantage d’intérêt à la matérialité des bâtiments qu’à celle de leurs extérieurs.

  1. Le collage 

La technique du collage est privilégiée. Elle permet, dans la représentation des projets, l’association équivalente du neuf et de l’existant, sans que l’un ne s’efface au profit de l’autre. Le collage peut également contribuer à une économie de rendu, la description sélective de l’existant pouvant être incluse dans l’image du projet.

 

Forme urbaine

Alternatives

Paysage

Gouverance

 

 

Economie