Simon Bigo : Parlement de Loire
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Situées sur les bords de Loire, ces piles datant de la fin du 19e siècle soutenaient initialement deux poutres Warren permettant la traversée de la Loire.
La traversée ayant été détruite durant la seconde guerre mondiale, la végétation a reconquis ces piles devenues obsolètes.
Une des principales problématiques de ce projet réside donc dans la reconstitution du franchissement de la Loire.
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La structure en bambou qui, par ses assemblages, reprend le dessin initial de la treillis, permet également une modularité pour accueillir les programmes du parlement.
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Viennent se greffer à la traversée publique les différentes loges du parlement. Ce sont des espaces d'observation et d'étude d'écosystèmes précis.
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1. Loge dédiée à la canopée - 2. Loge dédiée aux berges - 3. Loge dédiée au milieu aquatique
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Les trois loges associées à trois écosystèmes, la canopée, la berge, et le fleuve.
La première loge, dédiée à la canopée, se situe au dessus de la promenade publique. Par sa présence, elle permet d'insister sur l'entrée du site.
La seconde loge, dédiée aux berges. Elle permet la création de zones d'ombre et d'humidité. Elle permet également un accès au site depuis le sol naturel.
La dernière loge, dédiée au milieu aquatique de la Loire, vient se placer au niveau de la dernière pile précédant la traversée. Elle offre un accès bateaux pour les chercheurs et passants.
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Côté Sud-Ouest, le tissage cette fois placé au sein de la structure offre l'accès à une coursive.
Au sein du parlement, trois niveaux viennent entourer par des coursives l'espace scénique accueillant les débats.
Détail d'assemblage de la structure en bambou (gif).
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Ce projet prolonge les délibérations qui, au début de cette année 2020, proposaient la création d’un Parlement de Loire – un projet politique qui reprend et prolonge le concept de « parlement des choses » théorisé par Bruno Latour. Porté par un certain nombre de personnes ou d’institutions, parmi lesquelles l’écrivaine Camille de Toledo, l’école de Paysage de Blois et le Polau (une structure qui s’intéresse à la création artistique et à l’aménagement des territoires), il a pour ambition de donner une représentation légale à une vaste et complexe entité non-humaine – ici les territoires traversés par la Loire, qu’ils soient vivants ou non-vivants.

Le projet présenté ici est la proposition d’une incarnation physique et architecturale de ce que pourrait être ce parlement écologique : un lieu de débat, de recherche, d’observation et de rencontres, tant institutionnel que non-institutionnel. Il s’implante sur les ruines de l’ancien viaduc des Noëls, situé à Vineuil. Cette situation permet à la fois d’intégrer visuellement et architecturalement au projet les différents écosystèmes de la Loire, et d’utiliser la structure existante comme appui afin d’éviter l’artificialisation du sol.

C’est le parcours architectural au sein de cette infrastructure, rythmé par les trois « loges » qui correspondent à trois variétés de l’écosystème, qui assure l’enjeu de sensibilisation lié au programme. Il doit permettre aux représentants comme au public de prendre conscience des problématiques liées au vivant, d’acquérir les outils de compréhension nécessaires et, en fin de parcours, de débattre démocratiquement des idées et des décisions.

Pour ce projet, nous avons fait le choix d’exploiter les possibilités structurelles et les qualités écologiques du bambou. Plutôt que la logique technique et le calcul mathématique des assemblages, nous avons choisi de privilégier leur logique architecturale et la présence physique du matériau, lequel nous semble pouvoir renvoyer à l’écosystème local autant qu’au vernaculaire asiatique auquel il est souvent associé.

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PROBLEMATIQUE DE LA FILIERE DE MASTER « TRANSFORMATION

La filière de master « Transformation » repose sur trois postulats.

Le premier est que la discipline architecturale – aussi bien que le métier d’architecte – ne seront plus guidés, dans les années à venir, par l’élaboration d’un monde neuf. Non parce que les enjeux du monde actuel sont stables. Nous savons que c’est tout le contraire : l’impératif environnemental invalide un grand nombre des situations construites dont nous héritons et la probable crise climatique qui s’annonce ne fera qu’augmenter l’étendue de cette obsolescence. C’est là le paradoxe inédit dans lequel nous sommes désormais plongés : il faudrait construire un monde plus durable, moins obsolescent, mais nous devons, en même temps réduire drastiquement la consommation des sols et des ressources pour faire face au défi écologique. C’est donc avec et non sur les ruines de la modernité industrielle qu’il nous faut apprendre à construire.

Le second postulat est la remise en jeu d’une notion architecturale historique : l’inscription dans un temps long qui ne limite pas celui de l’œuvre. Ce postulat nous amène à envisager l’architecture comme la mise en forme d’une mutation et non comme la seule projection circonstanciée d’une idée ou d’un programme. Il s’agit de s’émanciper de la priorité donnée à l’objet architectural – et à ses innovations – au profit d’une approche qui prend en compte les processus temporels et les états successifs de chacune des situations.

Le troisième postulat est que la préparation d’un site destiné à accueillir une construction ou un aménagement fait partie intégrante du projet architectural : elle en constitue le premier acte. Une des questions les plus négligées depuis un siècle et demi nous semble être celle du sol. La nécessité dans laquelle nous sommes plongés d’envisager le monde « dans ses murs » constitue ainsi une formidable occasion de réinvestir cette question séculaire. 

ATTENDUS

L’objectif de cet exercice conclusif de la filière est d’élaborer un projet personnel de transformation d’une situation construite abandonnée ou obsolète. Chaque situation a été identifiée au terme d’une exploration par groupes de la communauté d’agglomération de Blois, selon cinq thèmes distincts : paysage, forme urbaine, alternative, économie et gouvernance. Cette exploration s’est déroulée durant le S9. Les étudiant.e.s sont amenés à développer individuellement leur projet en rapport avec l’existant et à élaborer une architecture qui tout à la fois révèle et ressuscite celui-ci.

 FONDEMENTS 

L’atelier repose sur cinq fondements principaux :

  1. La mise en distance de la notion de patrimoine 

Le projet s’appuie sur une manière attentive d’observer le déjà-là, d’en révéler ses qualités propres, sans se préoccuper des valeurs courantes du patrimoine. L’objectif de l’atelier n’est pas, en effet, de valoriser un héritage mais bien plutôt de sélectionner les éléments d’une situation construite à partir desquels il devient possible de faire projet.

  1. L’analyse à partir du projet

L’inspiration du projet ne provient pas tant d’une connaissance géographique, sociale ou économique du site et du programme que de l’exploration d’un thème architectural et de sa capacité à révéler les qualités et la substance du monde dans lequel les étudiant.e.s sont amenés à intervenir. L’inventaire et le relevé du déjà-là se doivent donc d’être d’emblée orientés.

  1. La transformation par analogie 

La méthode analogique constitue une alternative à celles de fusion ou de juxtaposition issues de deux siècles de « construction dans le construit ». Elle permet d’élargir la gamme des rapports possibles entre existant et projet, souvent réduite à une tension entre héritage et création. L’existant peut ainsi être tout à la fois considéré comme ruine, source d’inspiration, matériau ou ressource.

  1. Le privilège de la situation sur l’objet

Les projets de la transformation portent aussi bien sur les constructions que sur les sols. À ce titre, ils n’accordent pas davantage d’intérêt à la matérialité des bâtiments qu’à celle de leurs extérieurs.

  1. Le collage 

La technique du collage est privilégiée. Elle permet, dans la représentation des projets, l’association équivalente du neuf et de l’existant, sans que l’un ne s’efface au profit de l’autre. Le collage peut également contribuer à une économie de rendu, la description sélective de l’existant pouvant être incluse dans l’image du projet.

 

Forme urbaine

Alternatives

Paysage

Gouverance

 

 

Economie