Félicie Bontemps : Reconquête frugale
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L’extension de la ville de Blois par une zone industrielle au Nord de Blois, une non-ville monofonctionnelle.
L'espace public et piéton est réduit aux parkings des franchises commerciales et aux minces trottoirs le long des voies majeures.
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La persistance des maison de bourg historique est également un aspect majeur du contexte de la zone. Entre les bâtiments de grande taille, une vie domestique et modeste parvient à résister.
Des voies automobiles dessinent les espaces entre les bâtiments, très peu d’usage piéton y sont relevés.Un carrefour automobile majeur relie le centre de Blois ainsi que l’autoroute. Le site a une position intéressante du point de vue de l’accès et de sa visibilité. Une circulation dans l’espace public presque inexistante fait face à de grands espaces exclusivement réservés à la voiture.
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Une parcelle paysagère diversifiée
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Une architecture de façade
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Un polymorphisme intérieur
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Organisation en plan des usages
Transformation du bâtiment d'ateliers et de bureaux
Transformation du magasin
Transformation du restaurant et du bâtiment de logements
Descente d'eau pluviale - Ventilation naturelle des salles d'eau - Éclairage naturel permanent
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Lorsque, dans le contexte d’étalement urbain qui caractérise les années soixante, l’activité industrielle s’est établie en périphérie des villes en produisant des zones monofonctionnelles pour l’essentiel, elle a aussi créé une frange complexe prise entre un parcellaire historique persistant d’une part, et ces objets modernes et imposants d’autre part.
Mais qu’arrive-t-il lorsque d’une brèche s’ouvre, lorsqu’un édifice situé dans cette interface propose d’instituer un nouvel imaginaire entre productivité et ville traditionnelle, permettant ainsi de re-questionner l’espace urbain ?

 

Nous proposons à cet effet de réinvestir les potentialités d’une ancienne usine pharmaceutiques située dans cette frange complexe, qui s’est développée par extensions successives depuis les années soixante-dix, mais qui est aujourd’hui abandonnée par l’activité.

 

Pour opérer la reconquête frugale de cette friche industrielle, nous appliquerons une série de principes qui, pris ensemble, entendent constituer un système d’actions propre à organiser la transformation de ce type de situation :

  • dévoiler la présence des activités industrielles, tout en permettant aux usagers de s’en approprier les territoires,
  • dé-couvrir les sols artificiels afin de favoriser la reconquête de la ville par le vivant dans les villes,
  • valoriser cette architecture ordinaire en suscitant un nouveau regard sur ses matériaux,
  • respecter les logiques et les valeurs de cette architecture fonctionnelle et s’inscrire dans une continuité avec celles-ci,
  • assumer le fait qu’il n’est pas de transformation finie, et que toute architecture s’inscrit dans un processus éphémère et ouvert,
  • révéler ce processus tout en insistant sur son aspect positif et porteur d’avenir.
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PROBLEMATIQUE DE LA FILIERE DE MASTER « TRANSFORMATION

La filière de master « Transformation » repose sur trois postulats.

Le premier est que la discipline architecturale – aussi bien que le métier d’architecte – ne seront plus guidés, dans les années à venir, par l’élaboration d’un monde neuf. Non parce que les enjeux du monde actuel sont stables. Nous savons que c’est tout le contraire : l’impératif environnemental invalide un grand nombre des situations construites dont nous héritons et la probable crise climatique qui s’annonce ne fera qu’augmenter l’étendue de cette obsolescence. C’est là le paradoxe inédit dans lequel nous sommes désormais plongés : il faudrait construire un monde plus durable, moins obsolescent, mais nous devons, en même temps réduire drastiquement la consommation des sols et des ressources pour faire face au défi écologique. C’est donc avec et non sur les ruines de la modernité industrielle qu’il nous faut apprendre à construire.

Le second postulat est la remise en jeu d’une notion architecturale historique : l’inscription dans un temps long qui ne limite pas celui de l’œuvre. Ce postulat nous amène à envisager l’architecture comme la mise en forme d’une mutation et non comme la seule projection circonstanciée d’une idée ou d’un programme. Il s’agit de s’émanciper de la priorité donnée à l’objet architectural – et à ses innovations – au profit d’une approche qui prend en compte les processus temporels et les états successifs de chacune des situations.

Le troisième postulat est que la préparation d’un site destiné à accueillir une construction ou un aménagement fait partie intégrante du projet architectural : elle en constitue le premier acte. Une des questions les plus négligées depuis un siècle et demi nous semble être celle du sol. La nécessité dans laquelle nous sommes plongés d’envisager le monde « dans ses murs » constitue ainsi une formidable occasion de réinvestir cette question séculaire. 

ATTENDUS

L’objectif de cet exercice conclusif de la filière est d’élaborer un projet personnel de transformation d’une situation construite abandonnée ou obsolète. Chaque situation a été identifiée au terme d’une exploration par groupes de la communauté d’agglomération de Blois, selon cinq thèmes distincts : paysage, forme urbaine, alternative, économie et gouvernance. Cette exploration s’est déroulée durant le S9. Les étudiant.e.s sont amenés à développer individuellement leur projet en rapport avec l’existant et à élaborer une architecture qui tout à la fois révèle et ressuscite celui-ci.

 FONDEMENTS 

L’atelier repose sur cinq fondements principaux :

  1. La mise en distance de la notion de patrimoine 

Le projet s’appuie sur une manière attentive d’observer le déjà-là, d’en révéler ses qualités propres, sans se préoccuper des valeurs courantes du patrimoine. L’objectif de l’atelier n’est pas, en effet, de valoriser un héritage mais bien plutôt de sélectionner les éléments d’une situation construite à partir desquels il devient possible de faire projet.

  1. L’analyse à partir du projet

L’inspiration du projet ne provient pas tant d’une connaissance géographique, sociale ou économique du site et du programme que de l’exploration d’un thème architectural et de sa capacité à révéler les qualités et la substance du monde dans lequel les étudiant.e.s sont amenés à intervenir. L’inventaire et le relevé du déjà-là se doivent donc d’être d’emblée orientés.

  1. La transformation par analogie 

La méthode analogique constitue une alternative à celles de fusion ou de juxtaposition issues de deux siècles de « construction dans le construit ». Elle permet d’élargir la gamme des rapports possibles entre existant et projet, souvent réduite à une tension entre héritage et création. L’existant peut ainsi être tout à la fois considéré comme ruine, source d’inspiration, matériau ou ressource.

  1. Le privilège de la situation sur l’objet

Les projets de la transformation portent aussi bien sur les constructions que sur les sols. À ce titre, ils n’accordent pas davantage d’intérêt à la matérialité des bâtiments qu’à celle de leurs extérieurs.

  1. Le collage 

La technique du collage est privilégiée. Elle permet, dans la représentation des projets, l’association équivalente du neuf et de l’existant, sans que l’un ne s’efface au profit de l’autre. Le collage peut également contribuer à une économie de rendu, la description sélective de l’existant pouvant être incluse dans l’image du projet.

 

Forme urbaine

Alternatives

Paysage

Gouverance

 

 

Economie