Claire Chambon : La Cité des Arts Vivants, la nouvelle fabrique du spectacle
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Plan du site
Axonométrie du site
Coupe perspective du site (partie 1)
Coupe perspective du site (partie 2)
Coupe perspective de la tour
Coupe perspective halle aux représentation (partie 1)
Coupe perspective halle des savoirs et des savoirs-faire (partie 2)
Façade "UNION" existante bâtiment 2
Plan RDC / RDCbis halle des savoirs et des savoirs-faire (bâtiment 1)
Un hall comme interface qui rassemble...
Plans des étages halle des savoirs et des savoirs-faire (bâtiment 1)
Prendre de la hauteur pour danser...
Elévation SE halle des savoirs et des savoirs-faire (bâtiment 1)
Coupe longitudinale halle des savoirs et des savoirs-faire (bâtiment 1)
L'entre-deux, face aux silos...
Elévation NO halle des savoirs et des savoirs-faire (bâtiment 1)
La promenade couverte, incarnation de la logique créative...
Coupe transversale halle des savoirs et des savoirs-faire (bâtiment 1)
Elévation SO halle des savoirs et des savoirs-faire (bâtiment 1)
La tour, ancien silo, phare du site
Plan de la halle aux représentations (bâtiment 2)
Elévation SE halle aux représentations (bâtiment 2)
La Cité des Arts Vivants
Coupe transversale A halle aux représentations (bâtiment 2)
Coupe transversale B halle aux représentations (bâtiment 2)
Préparation du spectacle, en pleine répétition générale...
Plans logements des artistes
Elévation SE logements des artistes (bâtiment 3)
Logements ouverts propices aux rassemblements...
Coupe A logements des artistes (bâtiment 3)
Coupe B logements des artistes (bâtiment 3)
Figure d'une grande halle industrielle bâtiment 2
Principe de structure et d'enveloppe - Principe bioclimatique
Découpage programmatique
Sauvegarder l'esprit du lieu (matérialité et structure)
Evolution du site 1955 - 2019
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La Cité des Arts Vivants

Une nouvelle fabrique du spectacle

«Dansez, sinon nous sommes perdus.» Pina Baush

Le principe qui guide ce projet est la fabrique du spectacle – soit le rassemblement, en un même lieu, des différents moments de sa création. L’architecture incarne leur succession temporelle par le biais d’une déambulation qui relie les différentes parties du projet et permet de saisir la logique de leur enchaînement, laquelle est assurée par une promenade couverte parcourant l’ensemble du site. Reconnaissable à sa couleur bleue, celle-ci permet également de définir le périmètre de la place centrale et d’offrir un socle à la tour.

L’art vivant (danse, théâtre, cirque) n’est rien sans son essence – le mouvement du corps dans l’espace – et sans la discipline rigoureuse qui l’accompagne. Pour ce projet de Cité des Arts Vivants, il s’agissait donc de révéler cette essence par le biais d’une attention à l’essence de l’architecture présente sur le site, afin d’obtenir une forte corrélation entre site et programme.

Le site, étendu, est constitué de bâtiments hétérogènes et dissociés. Ayant été frappée par le contraste entre leur statut d’architecture industrielle ordinaire et la forte présence physique de leurs formes, j’ai donc décidé de révéler et d’intensifier ce contraste en attribuant à chaque bâtiment l’un des éléments du programme, afin d’en faire une des étapes de la fabrique du spectacle.

La tour, élément essentiel qui dialogue avec d’autres éléments marquants du paysage (silos, château d’eau, tour des pompiers), devient le symbole du lieu et du projet. Accueillant les studios de danse, elle marque à la fois le début de la logique créative et celui de la promenade architecturale. Le travail de façade vient souligner ses lignes et révéler sa beauté si particulière. L’élément architectonique marquant qu’est l’escalier bleu vient prolonger la promenade couverte vers le haut, lui offrant ainsi une continuité ascendante. D’autres moments de la fabrique du spectacle (les répétitions, l’exercice, la recherche) sont accueillis dans des espaces et des bâtiments qui leur correspondent (ateliers, studios d’entraînement, learning center) et dont la succession rythme le parcours.

Cette promenade à travers les différents moments de la logique créative nous mène enfin à l’étape ultime : la représentation. Cette fois, c’est la présence forte des rails et l’atmosphère créée par les hautes fermes métalliques qui constituent l’essence du lieu. Celui-ci garde sa physionomie d’ensemble, tout en étant re-découpé : une partie devient un espace extérieur en relation avec la place ; une autre devient une cantine et un lieu d’échange ; une troisième devient scène ou lieu d’exposition, de performance – voire tout simplement lieu vide…. La halle aux représentations – traversée au sol par les rails supportant les wagons techniques et au plafond par des rails supportant des rideaux/cloisons acoustiques – est à la fois un espace et plusieurs espaces potentiels, modulables et capables de s’adapter à divers programmes : l’architecture s’adapte à l’art, et l’art décide de son architecture.

Enfin, après avoir marché le long de ce parc en devenir, parmi la végétation qui pousse entre les rails, nous parvenons aux logements des artistes, situés dans un coin plus reculé. Libérés d’un certain conformisme, ceux-ci confirment la liberté architecturale déjà présente dans les autres bâtiments. Il n’est ici plus question de cloisonner mais d’ouvrir : les logements sont traversants, les coursives se transforment en un petit balcon qui permet de partager son repas avec son partenaire de spectacle, les patios deviennent des cours vivantes, les jardins individuels s’ouvrent sur le parc… Ce bâtiment de logements est le symbole d’une communauté pour laquelle l’intérieur devient potentiellement un prolongement de l’activité professionnelle : quel danseur ne rêverait pas de pouvoir danser chez lui ?

La Cité des Arts Vivants entend présenter à la fois le travail, la réflexion créative et la représentation – soit toute la vie du spectacle -, en incarnant physiquement, spatialement et architecturalement la fabrication de la représentation. Pour y parvenir avec sobriété et justesse, le projet cherche à révéler la beauté si particulière du lieu en mettant au premier plan l’essence même de ses architectures transformées. En ce sens, il offre une image claire de ma double posture d’architecte et de danseuse.

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PROBLEMATIQUE DE LA FILIERE DE MASTER « TRANSFORMATION

La filière de master « Transformation » repose sur trois postulats.

Le premier est que la discipline architecturale – aussi bien que le métier d’architecte – ne seront plus guidés, dans les années à venir, par l’élaboration d’un monde neuf. Non parce que les enjeux du monde actuel sont stables. Nous savons que c’est tout le contraire : l’impératif environnemental invalide un grand nombre des situations construites dont nous héritons et la probable crise climatique qui s’annonce ne fera qu’augmenter l’étendue de cette obsolescence. C’est là le paradoxe inédit dans lequel nous sommes désormais plongés : il faudrait construire un monde plus durable, moins obsolescent, mais nous devons, en même temps réduire drastiquement la consommation des sols et des ressources pour faire face au défi écologique. C’est donc avec et non sur les ruines de la modernité industrielle qu’il nous faut apprendre à construire.

Le second postulat est la remise en jeu d’une notion architecturale historique : l’inscription dans un temps long qui ne limite pas celui de l’œuvre. Ce postulat nous amène à envisager l’architecture comme la mise en forme d’une mutation et non comme la seule projection circonstanciée d’une idée ou d’un programme. Il s’agit de s’émanciper de la priorité donnée à l’objet architectural – et à ses innovations – au profit d’une approche qui prend en compte les processus temporels et les états successifs de chacune des situations.

Le troisième postulat est que la préparation d’un site destiné à accueillir une construction ou un aménagement fait partie intégrante du projet architectural : elle en constitue le premier acte. Une des questions les plus négligées depuis un siècle et demi nous semble être celle du sol. La nécessité dans laquelle nous sommes plongés d’envisager le monde « dans ses murs » constitue ainsi une formidable occasion de réinvestir cette question séculaire. 

ATTENDUS

L’objectif de cet exercice conclusif de la filière est d’élaborer un projet personnel de transformation d’une situation construite abandonnée ou obsolète. Chaque situation a été identifiée au terme d’une exploration par groupes de la communauté d’agglomération de Blois, selon cinq thèmes distincts : paysage, forme urbaine, alternative, économie et gouvernance. Cette exploration s’est déroulée durant le S9. Les étudiant.e.s sont amenés à développer individuellement leur projet en rapport avec l’existant et à élaborer une architecture qui tout à la fois révèle et ressuscite celui-ci.

 FONDEMENTS 

L’atelier repose sur cinq fondements principaux :

  1. La mise en distance de la notion de patrimoine 

Le projet s’appuie sur une manière attentive d’observer le déjà-là, d’en révéler ses qualités propres, sans se préoccuper des valeurs courantes du patrimoine. L’objectif de l’atelier n’est pas, en effet, de valoriser un héritage mais bien plutôt de sélectionner les éléments d’une situation construite à partir desquels il devient possible de faire projet.

  1. L’analyse à partir du projet

L’inspiration du projet ne provient pas tant d’une connaissance géographique, sociale ou économique du site et du programme que de l’exploration d’un thème architectural et de sa capacité à révéler les qualités et la substance du monde dans lequel les étudiant.e.s sont amenés à intervenir. L’inventaire et le relevé du déjà-là se doivent donc d’être d’emblée orientés.

  1. La transformation par analogie 

La méthode analogique constitue une alternative à celles de fusion ou de juxtaposition issues de deux siècles de « construction dans le construit ». Elle permet d’élargir la gamme des rapports possibles entre existant et projet, souvent réduite à une tension entre héritage et création. L’existant peut ainsi être tout à la fois considéré comme ruine, source d’inspiration, matériau ou ressource.

  1. Le privilège de la situation sur l’objet

Les projets de la transformation portent aussi bien sur les constructions que sur les sols. À ce titre, ils n’accordent pas davantage d’intérêt à la matérialité des bâtiments qu’à celle de leurs extérieurs.

  1. Le collage 

La technique du collage est privilégiée. Elle permet, dans la représentation des projets, l’association équivalente du neuf et de l’existant, sans que l’un ne s’efface au profit de l’autre. Le collage peut également contribuer à une économie de rendu, la description sélective de l’existant pouvant être incluse dans l’image du projet.

 

Forme urbaine

Alternatives

Paysage

Gouverance

 

 

Economie