Marine Hollner : SSR en addictologie pour jeunes adultes et prolongement du parc de l’Arrou
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L'existant : un assemblage hétéroclite
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Inscription dans la vallée de l'Arrou
Vestiges d'une ancienne scierie
Cloisonnement du bâti existant
Disponibilité des ressources
Relevé analytique - structures de l'ancienne scierie
Relevé analytique - végétation
Historique du territoire - création du parc de l'Arrou
Des ressources hydrographiques, végétales et manufacturées
Une liaison entre les espaces environnants
Une sélection et classification des éléments intégrés au projet
Une opposition entre espaces ouverts et introvertis
Un choix de matériau et de trame uniques
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Un système de phytoépuration
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D'un site enclavé à un espace de liaison
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Une articulation autour de trois cours
Une inscription dans une topographie marquée par la vallée de l'Arrou
Un site valorisé, complêté et ouvert sur le quartier
Intégration des structures de l'ancienne scierie dans le prolongement du parc
Plan de sol - structures de l'ancienne scierie
Coupe détaillée de l'ancien abri de séchage
Vue du centre de soin depuis le parc
Transformation des habitations et leurs annexes en centre de soin
Plan de sol - centre de soin
Plan R+1 - centre de soin
Coupe détaillée autour de la place centrale
Vue de l'espace détente du spa
Implantation des logements et de l'espace médical
Plan de sol - logements et espace médical
Plan R+1 - logements et espace médical
Coupe détaillée des logements
Vue depuis un balcon du premier étage
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UN CENTRE DE RÉADAPTATION

Le manque de moyens dans la prise en charge des malades est un problème soulevé et discuté autant à l’échelle nationale qu’à celle de la commune de Blois. L’augmentation de la population allant de pair avec l’augmentation des troubles mentaux, les listes d’attente sont de plus en plus longues. Aujourd’hui à Blois, la prise en charge des malades par le secteur public se concentre exclusivement au centre hospitalier Simone Veil, en manque de personnel et de moyens. Dans le domaine de la psychiatrie, l’hôpital compte 79 lits pour adultes et cinq lits pour enfants. À l’échelle départementale, le Groupement Hospitalier du Territoire recommande notamment « la coordination et l’amélioration des prises en charge en santé mentale ». L’organisme observe notamment des dispositifs manquants sur le territoire, telles que des unités d’hospitalisation pour adolescents ou des SSR spécialisés en addictologie. Le Contrat Local de Santé de Blois, plus particulièrement, souligne les difficultés de prise en charge des jeunes en souffrance psychologique, mais également des blocages pour l’accueil des enfants en IME (Institut médico-éducatif), déjà saturés par les demandes de jeunes adultes en attente de places.

L’une des directives tend aussi à « travailler le parcours en santé mentale de l’adolescent et notamment l’hospitalisation des mineurs en identifiant un lieu adapté et en développant la coordination à travers la Maison des Adolescents », ce qui nécessite le développement de nouvelles antennes.

Ce projet de fin d’études propose donc la construction d’un SSR spécialisé dans les troubles liés aux multiples formes d’addiction et destiné en priorité aux adolescents et jeunes adultes.

UNE SITUATION EN LISIÈRE DE VILLE

La zone identifiée pour l’implantation du programme constitue un espace transitoire, « liminal », situé en lisière de forêt et à l’extrémité de la zone urbanisée de Blois. Ainsi, ce projet tend à réactiver la périurbanité tout en affirmant ses limites. Elle s’inscrit dans la Vallée de l’Arrou, en prolongement du parc préexistant, qui établit une zone de transition par rapport à la Zup Croix Chevalier / Kennedy qui nécessite aujourd’hui d’être désenclavée. La Vallée de l’Arrou s’étend d’est en ouest, de la forêt domaniale de Blois aux abords du centre ville historique, et se trouve actuellement entre deux zones à forte densité.

Tirant profit de cette situation singulière, il s’agit d’affirmer et de prolonger le parc de l’Arrou en assurant une continuité vers la forêt.

UNE INTERVENTION SUR LES VESTIGES D’UNE ANCIENNE SCIERIE

L’intervention architecturale est implantée sur un ensemble de parcelles, situées sur l’allée forestière de Bégon, et représentant une surface de 21.510 m². Le site actuel est composé d’un groupe d’habitations individuelles datant du début 20e siècle et aujourd’hui en vente, ainsi que de vestiges d’une ancienne scierie désormais à l’arrêt, en état de friche et partiellement déconstruite. Quatre structures sur cinq s’élèvent encore dans ce paysage si particulier, alliant esthétique industrielle et diversité végétale.

Totalement encerclé par des murs d’enceinte et des clôtures, le site se présente actuellement comme une enclave faisant barrage entre le quartier de la Pinçonnière, le parc et la forêt. Les structures en friches qu’il contient ne sont pas accessibles et les cheminements du parc se terminent de manière non définie sur la route bordant la forêt.

La conception du projet de SSR se fait à partir du réemploi des structures et matériaux directement disponibles sur le site et entend transformer ce lieu en un espace à la fois introverti et propice à la guérison, mais aussi ouvert sous la forme d’un parc public révélant les qualités plastiques de ce patrimoine vernaculaire.

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PROBLEMATIQUE DE LA FILIERE DE MASTER « TRANSFORMATION

La filière de master « Transformation » repose sur trois postulats.

Le premier est que la discipline architecturale – aussi bien que le métier d’architecte – ne seront plus guidés, dans les années à venir, par l’élaboration d’un monde neuf. Non parce que les enjeux du monde actuel sont stables. Nous savons que c’est tout le contraire : l’impératif environnemental invalide un grand nombre des situations construites dont nous héritons et la probable crise climatique qui s’annonce ne fera qu’augmenter l’étendue de cette obsolescence. C’est là le paradoxe inédit dans lequel nous sommes désormais plongés : il faudrait construire un monde plus durable, moins obsolescent, mais nous devons, en même temps réduire drastiquement la consommation des sols et des ressources pour faire face au défi écologique. C’est donc avec et non sur les ruines de la modernité industrielle qu’il nous faut apprendre à construire.

Le second postulat est la remise en jeu d’une notion architecturale historique : l’inscription dans un temps long qui ne limite pas celui de l’œuvre. Ce postulat nous amène à envisager l’architecture comme la mise en forme d’une mutation et non comme la seule projection circonstanciée d’une idée ou d’un programme. Il s’agit de s’émanciper de la priorité donnée à l’objet architectural – et à ses innovations – au profit d’une approche qui prend en compte les processus temporels et les états successifs de chacune des situations.

Le troisième postulat est que la préparation d’un site destiné à accueillir une construction ou un aménagement fait partie intégrante du projet architectural : elle en constitue le premier acte. Une des questions les plus négligées depuis un siècle et demi nous semble être celle du sol. La nécessité dans laquelle nous sommes plongés d’envisager le monde « dans ses murs » constitue ainsi une formidable occasion de réinvestir cette question séculaire. 

ATTENDUS

L’objectif de cet exercice conclusif de la filière est d’élaborer un projet personnel de transformation d’une situation construite abandonnée ou obsolète. Chaque situation a été identifiée au terme d’une exploration par groupes de la communauté d’agglomération de Blois, selon cinq thèmes distincts : paysage, forme urbaine, alternative, économie et gouvernance. Cette exploration s’est déroulée durant le S9. Les étudiant.e.s sont amenés à développer individuellement leur projet en rapport avec l’existant et à élaborer une architecture qui tout à la fois révèle et ressuscite celui-ci.

 FONDEMENTS 

L’atelier repose sur cinq fondements principaux :

  1. La mise en distance de la notion de patrimoine 

Le projet s’appuie sur une manière attentive d’observer le déjà-là, d’en révéler ses qualités propres, sans se préoccuper des valeurs courantes du patrimoine. L’objectif de l’atelier n’est pas, en effet, de valoriser un héritage mais bien plutôt de sélectionner les éléments d’une situation construite à partir desquels il devient possible de faire projet.

  1. L’analyse à partir du projet

L’inspiration du projet ne provient pas tant d’une connaissance géographique, sociale ou économique du site et du programme que de l’exploration d’un thème architectural et de sa capacité à révéler les qualités et la substance du monde dans lequel les étudiant.e.s sont amenés à intervenir. L’inventaire et le relevé du déjà-là se doivent donc d’être d’emblée orientés.

  1. La transformation par analogie 

La méthode analogique constitue une alternative à celles de fusion ou de juxtaposition issues de deux siècles de « construction dans le construit ». Elle permet d’élargir la gamme des rapports possibles entre existant et projet, souvent réduite à une tension entre héritage et création. L’existant peut ainsi être tout à la fois considéré comme ruine, source d’inspiration, matériau ou ressource.

  1. Le privilège de la situation sur l’objet

Les projets de la transformation portent aussi bien sur les constructions que sur les sols. À ce titre, ils n’accordent pas davantage d’intérêt à la matérialité des bâtiments qu’à celle de leurs extérieurs.

  1. Le collage 

La technique du collage est privilégiée. Elle permet, dans la représentation des projets, l’association équivalente du neuf et de l’existant, sans que l’un ne s’efface au profit de l’autre. Le collage peut également contribuer à une économie de rendu, la description sélective de l’existant pouvant être incluse dans l’image du projet.

 

Forme urbaine

Alternatives

Paysage

Gouverance

 

 

Economie