Coline Marty : Ecole de la paille de Villemarceau
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Entre bâti rural traditionnel et architecture industrielle agricole
Héritage agricole
Activité en déclin, abandon progressif des bâtiments et usages inappropriés des espaces
D'une petite culture viticole à une grande exploitation céréalière
Un patrimoine bâti riche
Un ensemble hétéroclite construit au fil des années
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Une grande variété architecturale
Une grande variété architecturale
Reconquête agricole : un nouvel usage des terres
Une sélection fine des interventions
Sauvegarder, déconstruire, réhabiliter, réparer, transformer, modifier
Habiter, apprendre, travailler
Habiter, apprendre, travailler
Collection d'interventions
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Habiter
Nouvelles fermes en bois et bardage de façade en chaume
La chambre, équilibre entre partage et intimité
Partage et vie en collectivité
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Apprendre
Mur de pierre, charpente bois et toit de chaume
Lien fort entre théorie et pratique
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Travailler
Structure métallique et bardage bois
De nouveaux chemins vicinaux pour une meilleure accessibilité
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L’origine de la ferme de Villemarceau remonte au XIVe siècle. Ce fut d’abord un lieu de production viticole avant de devenir dans les années 1875 un lieu de culture céréalière et de petits élevages. Depuis l’après-guerre, la ferme est progressivement devenue une grande exploitation céréalière de 150ha. Aujourd’hui, le fils des exploitants reprend la gestion de cette ferme et porte de nouvelles ambitions. Ce projet de fin d’études entend les accompagner tout en répondant aux enjeux propres à ce territoire dans un contexte d’étalement urbain et de bouleversement écologique.

Ainsi, ce projet propose une alternative à la croissance périurbaine, consommatrice de terres et de ressources et créatrice d’espaces privés à usage individuel. Il associe des lieux de production, de transformation, de sensibilisation, d’échange, d’apprentissage et de partage grâce à la création d’une école de la paille et de logements étudiants sur le site de la ferme. Cette dernière est elle-même transformée en une structure adaptée aux conditions environnementales et économiques actuelles.

 

« Il convient alors d’imaginer la manière dont l’agriculture peut être désormais associée au développement urbain et non le subir »
Rémi JANIN, La ville agricole, 2018, p.32-33

Je tiens à remercier la famille Boulay-Naudin, propriétaires et agriculteurs de la ferme, qui m’ont accueilli à plusieurs reprises pour la visite du site.

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PROBLEMATIQUE DE LA FILIERE DE MASTER « TRANSFORMATION

La filière de master « Transformation » repose sur trois postulats.

Le premier est que la discipline architecturale – aussi bien que le métier d’architecte – ne seront plus guidés, dans les années à venir, par l’élaboration d’un monde neuf. Non parce que les enjeux du monde actuel sont stables. Nous savons que c’est tout le contraire : l’impératif environnemental invalide un grand nombre des situations construites dont nous héritons et la probable crise climatique qui s’annonce ne fera qu’augmenter l’étendue de cette obsolescence. C’est là le paradoxe inédit dans lequel nous sommes désormais plongés : il faudrait construire un monde plus durable, moins obsolescent, mais nous devons, en même temps réduire drastiquement la consommation des sols et des ressources pour faire face au défi écologique. C’est donc avec et non sur les ruines de la modernité industrielle qu’il nous faut apprendre à construire.

Le second postulat est la remise en jeu d’une notion architecturale historique : l’inscription dans un temps long qui ne limite pas celui de l’œuvre. Ce postulat nous amène à envisager l’architecture comme la mise en forme d’une mutation et non comme la seule projection circonstanciée d’une idée ou d’un programme. Il s’agit de s’émanciper de la priorité donnée à l’objet architectural – et à ses innovations – au profit d’une approche qui prend en compte les processus temporels et les états successifs de chacune des situations.

Le troisième postulat est que la préparation d’un site destiné à accueillir une construction ou un aménagement fait partie intégrante du projet architectural : elle en constitue le premier acte. Une des questions les plus négligées depuis un siècle et demi nous semble être celle du sol. La nécessité dans laquelle nous sommes plongés d’envisager le monde « dans ses murs » constitue ainsi une formidable occasion de réinvestir cette question séculaire. 

ATTENDUS

L’objectif de cet exercice conclusif de la filière est d’élaborer un projet personnel de transformation d’une situation construite abandonnée ou obsolète. Chaque situation a été identifiée au terme d’une exploration par groupes de la communauté d’agglomération de Blois, selon cinq thèmes distincts : paysage, forme urbaine, alternative, économie et gouvernance. Cette exploration s’est déroulée durant le S9. Les étudiant.e.s sont amenés à développer individuellement leur projet en rapport avec l’existant et à élaborer une architecture qui tout à la fois révèle et ressuscite celui-ci.

 FONDEMENTS 

L’atelier repose sur cinq fondements principaux :

  1. La mise en distance de la notion de patrimoine 

Le projet s’appuie sur une manière attentive d’observer le déjà-là, d’en révéler ses qualités propres, sans se préoccuper des valeurs courantes du patrimoine. L’objectif de l’atelier n’est pas, en effet, de valoriser un héritage mais bien plutôt de sélectionner les éléments d’une situation construite à partir desquels il devient possible de faire projet.

  1. L’analyse à partir du projet

L’inspiration du projet ne provient pas tant d’une connaissance géographique, sociale ou économique du site et du programme que de l’exploration d’un thème architectural et de sa capacité à révéler les qualités et la substance du monde dans lequel les étudiant.e.s sont amenés à intervenir. L’inventaire et le relevé du déjà-là se doivent donc d’être d’emblée orientés.

  1. La transformation par analogie 

La méthode analogique constitue une alternative à celles de fusion ou de juxtaposition issues de deux siècles de « construction dans le construit ». Elle permet d’élargir la gamme des rapports possibles entre existant et projet, souvent réduite à une tension entre héritage et création. L’existant peut ainsi être tout à la fois considéré comme ruine, source d’inspiration, matériau ou ressource.

  1. Le privilège de la situation sur l’objet

Les projets de la transformation portent aussi bien sur les constructions que sur les sols. À ce titre, ils n’accordent pas davantage d’intérêt à la matérialité des bâtiments qu’à celle de leurs extérieurs.

  1. Le collage 

La technique du collage est privilégiée. Elle permet, dans la représentation des projets, l’association équivalente du neuf et de l’existant, sans que l’un ne s’efface au profit de l’autre. Le collage peut également contribuer à une économie de rendu, la description sélective de l’existant pouvant être incluse dans l’image du projet.

 

Forme urbaine

Alternatives

Paysage

Gouverance

 

 

Economie