Francesca Motte : Réparer le sol du grand ensemble
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Historique
Relevé analytique
Relevé analytique_suite
Structure du grand ensemble
Figure architecturale et valeurs de l'existant
Stratégie bioclimatique
Aménités et usages alentours
Phase 1 : Préparation du sol, Phase 2 : Structure de la vie quotidienne et rapport à l'individuel
Plan de sol existant
Plan de sol phase 1
Plan de sol phase 2
Détails constructifs
Détails constructifs
Détails constructifs
Un archipel d'interventions
La mise en oeuvre du projet
Détails de chantier
Vues immersives
Vues immersives
Vues immersives
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À Blois, comme dans la majorité des grands ensembles « à la française », l’étendue des sols n’a jamais été considérée comme une vertu positive. Peu de temps après leur construction, ces larges espaces indéfinis au pied des tours d’habitation ont fait l’objet de toutes les critiques. Vides, sans usage ni statut, encombrants et difficiles à gérer, ils ont fait l’objet de remaniements successifs. Le sol du grand ensemble a été morcelé, des rues ont été incorporées entre les bâtiments, l’espace public a été distingué de l’espace privé, les espaces verts restants ont été découpés en parcelles. Des clôtures ont pris place dans le but de délimiter l’espace résidentiel de celui de la circulation. La taille des espaces verts, auparavant généreuse, s’en est retrouvée réduite, mais aucun usage ne leur a pour autant été affecté, sinon celui bien moindre, de « jardin de vue ».

Pour ce projet, je suis partie du postulat inverse. Ces sols délaissés sont une aubaine. Leur dimension et leur étendue sont l’avenir du grand ensemble. Cette opportunité dépend toutefois de la capacité d’appropriation de ces espaces par les habitants. Il convient d’encourager cette appropriation et non, comme le font la plupart des projets actuels, de la dissuader.

Les immeubles d’habitation, ont pour la plupart été réhabilités, permettant de remettre à jour les ouvertures, isolations, réseaux, etc. Bien orientées, ces barres offrent des appartements de logement social de qualité, contrairement à la plupart des logements sociaux minimums construits de nos jours. Traversants, ventilés et correctement équipés, ils gagneraient à bénéficier d’espaces extérieurs plus riches. C’est l’objectif de ce projet : réparer son sol, comme il est, après une « première couche » de rénovation, pour en faire un lieu vaste et magnifique.

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PROBLEMATIQUE DE LA FILIERE DE MASTER « TRANSFORMATION

La filière de master « Transformation » repose sur trois postulats.

Le premier est que la discipline architecturale – aussi bien que le métier d’architecte – ne seront plus guidés, dans les années à venir, par l’élaboration d’un monde neuf. Non parce que les enjeux du monde actuel sont stables. Nous savons que c’est tout le contraire : l’impératif environnemental invalide un grand nombre des situations construites dont nous héritons et la probable crise climatique qui s’annonce ne fera qu’augmenter l’étendue de cette obsolescence. C’est là le paradoxe inédit dans lequel nous sommes désormais plongés : il faudrait construire un monde plus durable, moins obsolescent, mais nous devons, en même temps réduire drastiquement la consommation des sols et des ressources pour faire face au défi écologique. C’est donc avec et non sur les ruines de la modernité industrielle qu’il nous faut apprendre à construire.

Le second postulat est la remise en jeu d’une notion architecturale historique : l’inscription dans un temps long qui ne limite pas celui de l’œuvre. Ce postulat nous amène à envisager l’architecture comme la mise en forme d’une mutation et non comme la seule projection circonstanciée d’une idée ou d’un programme. Il s’agit de s’émanciper de la priorité donnée à l’objet architectural – et à ses innovations – au profit d’une approche qui prend en compte les processus temporels et les états successifs de chacune des situations.

Le troisième postulat est que la préparation d’un site destiné à accueillir une construction ou un aménagement fait partie intégrante du projet architectural : elle en constitue le premier acte. Une des questions les plus négligées depuis un siècle et demi nous semble être celle du sol. La nécessité dans laquelle nous sommes plongés d’envisager le monde « dans ses murs » constitue ainsi une formidable occasion de réinvestir cette question séculaire. 

ATTENDUS

L’objectif de cet exercice conclusif de la filière est d’élaborer un projet personnel de transformation d’une situation construite abandonnée ou obsolète. Chaque situation a été identifiée au terme d’une exploration par groupes de la communauté d’agglomération de Blois, selon cinq thèmes distincts : paysage, forme urbaine, alternative, économie et gouvernance. Cette exploration s’est déroulée durant le S9. Les étudiant.e.s sont amenés à développer individuellement leur projet en rapport avec l’existant et à élaborer une architecture qui tout à la fois révèle et ressuscite celui-ci.

 FONDEMENTS 

L’atelier repose sur cinq fondements principaux :

  1. La mise en distance de la notion de patrimoine 

Le projet s’appuie sur une manière attentive d’observer le déjà-là, d’en révéler ses qualités propres, sans se préoccuper des valeurs courantes du patrimoine. L’objectif de l’atelier n’est pas, en effet, de valoriser un héritage mais bien plutôt de sélectionner les éléments d’une situation construite à partir desquels il devient possible de faire projet.

  1. L’analyse à partir du projet

L’inspiration du projet ne provient pas tant d’une connaissance géographique, sociale ou économique du site et du programme que de l’exploration d’un thème architectural et de sa capacité à révéler les qualités et la substance du monde dans lequel les étudiant.e.s sont amenés à intervenir. L’inventaire et le relevé du déjà-là se doivent donc d’être d’emblée orientés.

  1. La transformation par analogie 

La méthode analogique constitue une alternative à celles de fusion ou de juxtaposition issues de deux siècles de « construction dans le construit ». Elle permet d’élargir la gamme des rapports possibles entre existant et projet, souvent réduite à une tension entre héritage et création. L’existant peut ainsi être tout à la fois considéré comme ruine, source d’inspiration, matériau ou ressource.

  1. Le privilège de la situation sur l’objet

Les projets de la transformation portent aussi bien sur les constructions que sur les sols. À ce titre, ils n’accordent pas davantage d’intérêt à la matérialité des bâtiments qu’à celle de leurs extérieurs.

  1. Le collage 

La technique du collage est privilégiée. Elle permet, dans la représentation des projets, l’association équivalente du neuf et de l’existant, sans que l’un ne s’efface au profit de l’autre. Le collage peut également contribuer à une économie de rendu, la description sélective de l’existant pouvant être incluse dans l’image du projet.

 

Forme urbaine

Alternatives

Paysage

Gouverance

 

 

Economie