Réparer la Ville Nouvelle de Marne-la-ValléeÀ propos
Daniel Emanuel Pop : Les Arcades, nouvelle intersection de l’hexagone
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LES ARCADES

Le centre commercial Les Arcades, situé à Noisy- le-Grand Mond Est, a été ouvert en 1978 et fait partie de la génération Ville nouvelle. Les Arcades est stratégiquement situé dans le centre-ville et est bien relié à la fois à l’autoroute et à la ligne RER. La superficie totale est de 57 000 mètres carrés répartis sur deux étages, et compte environ 15 millions de visiteurs par an.

SYSTÈME EN CRISE

Aujourd’hui, le centre commercial pose de nombreux problèmes en raison de son emplacement et de sa taille. Les heures de fermeture obligent les gens à ne pas pouvoir transiter la nuit et la nécessité logistique pour le fonctionnement du centre commercial, génère des espaces périphériques qui ne sont pas pris en charge. Le programme des Arcades est centripète, et comme les espaces publics sont tournés vers l’intérieur, la relation ville/centre c. n’a pas été prise en compte.

Les façades opaques et la dalle forment une boîte isolée du monde extérieur, ce qui augmente la demande d’énergie nécessaire à la climatisation et à l’éclairage.

Aussi idéal que soit l’emplacement du c.c.. (centre- ville et connexions), de nombreux espaces commerciaux restent vacants. Selon l’article

«Noisy-le-Grand : le centre commercial des Arcades cherche un second souffle», publié dans Le Parisien du 07 janvier 2019, Klepierre (propriétaire) préfère attendre l’arrivée de grandes enseignes internationales. La stratégie de rénovation proposée par le propriétaire ne tient pas compte des besoins locaux, tels que le manque de travail, et de la démographie du voisinage.

INTENTIONS

Le projet est développé autour l’idée de faire du centre commercial un élément intégral de la ville, tout en réduisant les besoins en énergie en tirant parti de la lumière et de la ventilation naturelles. Du point de vue urbain, des rues piétonnes sont créées et définies pour relier les points les plus intéressants. Le long du parcours des grands patios sont aménagés pour mettre en valeur les nouvelles connexions entre le rez-de-chaussée et le rez de dalle.

Les aires de livraison sont concentrées en des points stratégiques afin de réduire autant que possible les façades opaques vers la ville. De manière concentrique, autour de la zone de livraison, la zone de stockage, une bande de service technique et enfin l’espace commercial seront développés. La bande de service, d’une largeur de 2 mètres, contient tous les espaces nécessaires au fonctionnement du magasin, tels que les locaux techniques, les bureaux, les toilettes.

D’un point de vue climatique, les grands passages et patios créés permettent une ventilation naturelle et un apport supplémentaire de lumière. La création de trémies entre le rez-de-chaussée et le sous-sol permet à l’air frais de circuler entre les façades des magasins.

Le «vent» ainsi créé peut librement filtrer à travers la façade poreuse des magasins, passer au-dessus de la zone de stockage et enfin sortir par le patio technique créé au-dessus de la zone de livraison.

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PROBLEMATIQUE DE LA FILIERE DE MASTER « TRANSFORMATION

La filière de master « Transformation » repose sur trois postulats.

Le premier est que la discipline architecturale – aussi bien que le métier d’architecte – ne seront plus guidés, dans les années à venir, par l’élaboration d’un monde neuf. Non parce que les enjeux du monde actuel sont stables. Nous savons que c’est tout le contraire : l’impératif environnemental invalide un grand nombre des situations construites dont nous héritons et la probable crise climatique qui s’annonce ne fera qu’augmenter l’étendue de cette obsolescence. C’est là le paradoxe inédit dans lequel nous sommes désormais plongés : il faudrait construire un monde plus durable, moins obsolescent, mais nous devons, en même temps réduire drastiquement la consommation des sols et des ressources pour faire face au défi écologique. C’est donc avec et non sur les ruines de la modernité industrielle qu’il nous faut apprendre à construire.

Le second postulat est la remise en jeu d’une notion architecturale historique : l’inscription dans un temps long qui ne limite pas celui de l’œuvre. Ce postulat nous amène à envisager l’architecture comme la mise en forme d’une mutation et non comme la seule projection circonstanciée d’une idée ou d’un programme. Il s’agit de s’émanciper de la priorité donnée à l’objet architectural – et à ses innovations – au profit d’une approche qui prend en compte les processus temporels et les états successifs de chacune des situations.

Le troisième postulat est que la préparation d’un site destiné à accueillir une construction ou un aménagement fait partie intégrante du projet architectural : elle en constitue le premier acte. Une des questions les plus négligées depuis un siècle et demi nous semble être celle du sol. La nécessité dans laquelle nous sommes plongés d’envisager le monde « dans ses murs » constitue ainsi une formidable occasion de réinvestir cette question séculaire. 

ATTENDUS

L’objectif de cet exercice conclusif de la filière est d’élaborer un projet personnel de transformation d’une situation construite abandonnée ou obsolète. Chaque situation a été identifiée au terme d’une exploration par groupes de la communauté d’agglomération de Blois, selon cinq thèmes distincts : paysage, forme urbaine, alternative, économie et gouvernance. Cette exploration s’est déroulée durant le S9. Les étudiant.e.s sont amenés à développer individuellement leur projet en rapport avec l’existant et à élaborer une architecture qui tout à la fois révèle et ressuscite celui-ci.

 FONDEMENTS 

L’atelier repose sur cinq fondements principaux :

  1. La mise en distance de la notion de patrimoine 

Le projet s’appuie sur une manière attentive d’observer le déjà-là, d’en révéler ses qualités propres, sans se préoccuper des valeurs courantes du patrimoine. L’objectif de l’atelier n’est pas, en effet, de valoriser un héritage mais bien plutôt de sélectionner les éléments d’une situation construite à partir desquels il devient possible de faire projet.

  1. L’analyse à partir du projet

L’inspiration du projet ne provient pas tant d’une connaissance géographique, sociale ou économique du site et du programme que de l’exploration d’un thème architectural et de sa capacité à révéler les qualités et la substance du monde dans lequel les étudiant.e.s sont amenés à intervenir. L’inventaire et le relevé du déjà-là se doivent donc d’être d’emblée orientés.

  1. La transformation par analogie 

La méthode analogique constitue une alternative à celles de fusion ou de juxtaposition issues de deux siècles de « construction dans le construit ». Elle permet d’élargir la gamme des rapports possibles entre existant et projet, souvent réduite à une tension entre héritage et création. L’existant peut ainsi être tout à la fois considéré comme ruine, source d’inspiration, matériau ou ressource.

  1. Le privilège de la situation sur l’objet

Les projets de la transformation portent aussi bien sur les constructions que sur les sols. À ce titre, ils n’accordent pas davantage d’intérêt à la matérialité des bâtiments qu’à celle de leurs extérieurs.

  1. Le collage 

La technique du collage est privilégiée. Elle permet, dans la représentation des projets, l’association équivalente du neuf et de l’existant, sans que l’un ne s’efface au profit de l’autre. Le collage peut également contribuer à une économie de rendu, la description sélective de l’existant pouvant être incluse dans l’image du projet.

 

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Economie